La Glacière du Fourneau
En 1789, un château est construit sur un terrain situé en contrebas à droite du pont du Fourneau.
En 1820, un 1er bâtiment industriel, à usage de féculerie, est érigé dans l’enceinte du parc. Ce site, idéalement implanté, a permis de créer un bief sur la Somme afin d’utiliser la force motrice hydraulique de la rivière pour entraîner les machines.
En 1860, la féculerie laisse place à un moulin à céréales. En 1876, le moulin se dote d’une seconde source d’énergie en installant une machine à vapeur.
Après deux incendies, en 1892 et 1900, l’activité prend fin. Une Glacière est installée à la place et la machine à vapeur est remplacée par un moteur Winterthur. La Glacière produit des pains de glace qui servent à la conservation des aliments chez les commerçants et les particuliers de la région.
De 1920 à 1936, l’unique employé devait à lui seul faire face à toutes les fonctions qu’imposait la fabrication des pains de glace à savoir la production, l’entretien, la vente et la gestion, continuellement vérifiée par M. Charpin.
Lui et sa famille (3 enfants) habitaient dans un minuscule logement situé au-dessus des chambres froides.
Si l’installation fonctionnait seulement la journée durant la période froide, elle tournait en continu, 24h/24h, pendant la période estivale. Durant celle-ci, l’énergie du moteur était la seule sollicitée et nécessitait une surveillance de jour comme de nuit de sorte que les nuits de l’exploitant étaient morcelées et rythmées par les explosions du moteur.
Toute cette installation fonctionnait sans la moindre sécurité tant humaine que technique et il fut blessé à 3 reprises.
Mais vers 1936, les profits baissent et ne se voyant plus payé par son patron, l’ouvrier quitte son emploi pour rentrer à la manufacture de machines agricoles Puzenat. La Glacière s’arrête et ne fut jamais remise en activité.
En 1944, les Allemands tentent de la remettre en service. Face à leur inexpérience, l’ancien exploitant est convoqué. Mais son manque
d’enthousiasme pour collaborer a le dernier mot. L’Armistice arrive et la Glacière s’endort définitivement.
60 ans plus tard, un petit groupe de bénévoles, jeunes retraités de l’usine IVECO (anciennement Puzenat), décide de sauver ce patrimoine industriel. Le propriétaire en fait don à la Commune de Bourbon-Lancy qui leur accorde sa confiance et apporte son aide pour la concrétisation de cette entreprise. Plus de 3 000 heures sont nécessaires à la bande d’amis pour la remettre en état.
Depuis l’an 2000, grâce à leur travail, la Glacière est exposée sur la place du Fourneau.
Aujourd’hui, le bâtiment qui abritait la Glacière est encore visible de la petite route à droite de l’entrée du pont du Fourneau.