Ferdinand Sarrien

Né en 1840 à Bourbon-Lancy, où son père exploitait une tannerie sur le ruisseau du Borne, près de l’actuel cimetière, Ferdinand Sarrien fait des études de droit à Paris. Inscrit au Barreau de Lyon en 1864, il ne plaide pas beaucoup puisqu’il se retrouve dans les mobilisés de Saône-et-Loire en guerre contre la Prusse. Il est blessé à la bataille de Nuits-Saint-Georges, sous les ordres du colonel Fornel, percepteur à Bourbon-Lancy. Les deux hommes, fervents républicains, restèrent amis. Le colonel Fornel, époux de l’écrivaine Pierre Perrault.

Membre du parti républicain, il est élu maire de Bourbon-Lancy en 1871 à la mort de son père Louis Sarrien qui fut le premier Maire de la IIIe République. Outre ses mandats de premier magistrat de la Ville et de conseiller général, il devient député en 1871 et constamment réélu jusqu’en 1910, date à laquelle il entre au Sénat.

Il a été 6 fois ministre : une fois des Postes (1885), deux fois de la Justice (1887 et 1896), trois fois de l’Intérieur (1886, 1887 et 1896). Et puis, il a été président du Conseil de mars à octobre 1906 et président de l’Assemblée départementale pendant 29 ans, de 1886 à 1915. Un record qui tient toujours ! En 46 années de carrière politique, il n’a jamais connu le moindre revers électoral.

L’homme a mené, tout au long de sa longue carrière, une politique axée sur la revanche contre l’Allemagne. Pour réaliser son but, il fallait des citoyens bien formés, capables de produire et de se battre, d’où la construction de l’école de garçons du Champ-de-Foire et de celle de filles de la rue du Docteur Robert. Il fallait aussi une agriculture prospère. Ainsi, avec le colonel Fornel, il participa à l’essor du comice agricole et favorisa le développement de l’usine Puzenat, lui ouvrant le marché de nos colonies.

Préparant les esprits à la guerre, il fut à l’initiative de la souscription pour le monument de la guerre de 1870-1871, inauguré le 21 août 1904, peu de temps après les terribles inondations du 7 juin. La statue de Béguine représente un « mobilisé » de Saône-et-Loire, la baïonnette au canon, regardant altièrement la ligne bleue des Vosges.

Ce même 21 août, on inaugura la Poste que Sarrien, ancien ministre, avait voulu laisser à sa patrie et le tout nouveau musée Saint-Nazaire, situé dans l’ancienne église priorale du même nom, seule à avoir survécu à la Révolution.

Jugée trop vétuste par les paroissiens du XIXe siècle, ces derniers construisirent la grande église du Sacré-Cœur, vouant l’église
Saint-Nazaire à devenir une carrière. Ferdinand Sarrien en décida autrement et fit classer l’édifice et créa le musée. Il obtint des dépôts d’œuvres d’art de l’État, notamment la magnifique collection de vases de Sèvres. Les artistes choisis par Ferdinand Sarrien sont en général Républicains et souvent aussi Bourguignons qui exaltent la patrie, le travail et la nature.

La veuve de sculpteur Béguine céda également toutes ses œuvres restées dans son atelier parisien. Elle a la collection la plus importante de cet artiste Prix de Rome.
Plus de cinquante ans de notre histoire ont été marqués par Ferdinand Sarrien. Aujourd’hui il reste un important patrimoine qui participe à l’identification de la ville et à une ouverture culturelle qui imprègne encore nos comportements.